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Des influences célestes sur le climat

-  Mai  2010  -
 

 

1)  Le soleil

Le Soleil est pourvu d’un cycle de plus ou moins 11 ans durant lequel il passe d'une faible activité avec un minimum de taches voire aucune, à une forte activité avec un grand nombre de taches (au maximum 200 taches environ) pour revenir ensuite à son minimum d'activité. Mais à chacun de ses cycles il s'exprime en toussant plus ou moins fort. Depuis Galilée, l'homme observe l'humeur du soleil en comptant ses taches ...
 


Nombres de taches solaires lors des différents cycles depuis 1700 jusqu'en 2010
 
 

Le soleil en période de faible activité
(clichés pris avec différents filtres par la sonde SOHO - Janvier 2009)
 
       
Vidéo :
Éruptions faibles
Janvier 2009

   
 

Le soleil en période de forte activité
(clichés pris avec différents filtres par la sonde SOHO - Janvier 2001)
       
Vidéo :
Éruptions moyennes
Janvier 2001

Vidéo :
Éruptions fortes
Mars 2001

Vidéo :
Éruptions fortes
Novembre 2003

       
 

 

L'activité solaire se traduit principalement par un rayonnement permanent dont on ne reçoit qu'une faible partie sur notre sol (les rayons du soleil qui nous éclairent et nous chauffent), par des augmentations locales de son champ magnétique (taches solaires, voir les clichés ci-dessus) et par des éruptions d'une puissance de plusieurs milliers à plusieurs centaines de millions de bombes atomiques (éruptions visibles sur les vidéos ci-dessus où le soleil est masqué pour permettre d'observer ce qui se passe à partir de sa surface). Ces éruptions expulsent des jets de matière ionisée qui se perdent dans la couronne solaire jusqu'à des centaines de milliers de km d'altitude avec une propagation de plusieurs types de rayonnements supplémentaires plus ou moins intenses en direction de l'espace et de temps en temps en direction de notre planète. Ces différentes radiations solaires que nous recevons sont pour la plupart déviées par le champ magnétique de la Terre hors du champ terrestre et vers les pôles (création des aurores boréales lors des fortes éruptions solaires), l'autre partie étant le plus souvent absorbée par notre atmosphère.

 

2)  Le rayonnement cosmique
*


Explosion d'une étoile massive en supernova (M1), observée en 1054, dans la nébuleuse du Crabe
 

Reconstitution de la naissance d'une autre supernova en 2006 :

Vidéo



 

Un flot de noyaux atomiques et de particules de haute énergie, les rayons cosmiques, nous parvient du fin fond de l’univers et spécialement de notre propre galaxie du fait d'anciennes explosions d'étoiles lointaines (astres pouvant être au moins 100 fois plus grands que notre soleil). Le champ magnétique qui protège la Terre dévie une partie de ces rayons cosmiques hors du champ terrestre et vers les pôles, mais l'autre partie de ces rayons pénètre dans notre atmosphère en y provoquant des réactions ionisantes. Une nouvelle théorie intéressante indique que parmi ces réactions il y aurait la formation de nuages de basse altitude qui sont relativement chauds et composés de fines gouttelettes d'eau. Ces nuages refroidiraient la planète en empêchant une partie de la lumière du soleil de parvenir à la surface de la Terre.


 

3)  Interaction entre l'activité solaire et le rayonnement cosmique

Lors des périodes de forte activité le Soleil dévie une partie des rayons cosmiques venant de l’espace lointain épargnant ainsi la Terre d'une partie de ce rayonnement cosmique. D'après la théorie soulevée plus haut, la formation de nuages bas sur Terre étant dans ce cas réduite, la lumière du Soleil éclairerait d’autant mieux la surface de la Terre et le Soleil nous chaufferait plus fortement pendant cette période. A l’inverse, vous aurez donc compris qu’en cas de faible activité solaire notre planète aurait tendance à se refroidir car le rayonnement cosmique venant de l’espace serait fort peu dérouté par le Soleil et en conséquence une plus grande quantité de nuages bas s’amoncelleraient empêchant le soleil de nous chauffer d'autant.
 


Ce graphique représente le nombre de taches solaires (ligne en pointillé) et l'intensité
du rayonnement cosmique (ligne pleine). Notez l'anti-corrélation entre
l'intensité du rayonnement cosmique et l'activité solaire.


 

4)  Épilogue


Évolution des températures dans l'hémisphère nord en parallèle à l'activité solaire

* L'absence de taches solaires dans la deuxième moitié du XVII ème siècle correspond à un "petit âge glaciaire" du nom de "minimum de Maunder"
* La courbe des températures provient de l'étude de carottes de glace extraites en Arctique


Tous les graphiques qui peuvent représenter une corrélation entre l'activité solaire et les températures ressenties sur Terre depuis 150 ans montrent que l'écart entre les courbes de ces 2 relevés n'a eu de cesse de s'accroître au bénéfice d'un inquiétant réchauffement planétaire. Quelques scientifiques pensent que ce n'est que la conséquence d'une augmentation du champ magnétique émis par le soleil et/ou du fait d'une diminution du rayonnement cosmique, ce qui ne peut être démontré ni par les moyens d'investigation modernes qui totalisent en moyenne moins d'une cinquantaine d'années d'observation (ex: le graphique sur l'interaction entre le vent solaire et les rayons cosmiques), ni par l'observation classique des taches solaires. Les autres pensent que cet écart est logiquement dû avant tout à l'effet de serre que l'homme a considérablement renforcé de façon croissante par ses différentes activités polluantes depuis le début de son ère industrielle, et très secondairement à cause d'une reprise de l'activité solaire après le petit âge glacière survenu au XVII éme siècle (voir le graphique ci-dessus). Il existe cependant une piste qui pourrait bientôt faire la lumière sur cette grande interrogation : la mémoire de la Terre. Le carottage de glaces et de sédiments nous a déjà permis de se faire une idée sur l'évolution de la température sur Terre et de la composition de son atmosphère sur des milliers, des millions d'années. Aussi, de nouvelles recherches tentent-elles actuellement de retracer l'évolution de l'activité solaire et du rayonnement cosmique inscrites elles aussi dans les glaces et les sédiments, et dans certaines météorites tombées sur Terre. A suivre ...

Il arrive au Soleil d’être capricieux. Voilà plus de 2 ans qu'on attendait le redémarrage de son activité et il semblerait enfin que ce soit le cas depuis le mois de Février, mais cependant il reste encore bien timide. Le Soleil est donc resté calme pendant un bon moment et il nous aurait donc moins chauffé pendant ce temps là. Malgré cela, malgré l'hiver assez froid que nous avons connu en Europe et sur la côte Est des USA pendant que la neige fondait aux jeux olympiques de Vancouver, Météo France a annoncé que la moyenne des températures dans le monde a été supérieure de 0,5° C cet hiver par rapport aux normales saisonnières. L’inertie des fortes chaleurs passées mais surtout l'effet de serre (qui est lui par contre constamment présent et en évolution) devraient bien en être la cause quoi qu’on en dise, puisque l’ensoleillement de la Terre a été réduit pendant plus de 2 ans.
Quant à ceux qui craignaient une activité maximum du soleil en 2012, vu son retard à l'allumage, ils peuvent désormais craindre pour la pertinence de leurs prédictions ...

Certains astronomes parient sur des cycles solaires à venir d'une intensité beaucoup plus faible que celles que nous avons connues lors des 7 derniers cycles, ce qui signifie que la période quelque peu froide que nous connaissons actuellement pourrait bien se poursuivre encore quelques années voire même pendant quelques cycles solaires, avec un effet de serre qui à l'inverse devrait servir à limiter quelque peu ce refroidissement. Mais si vraiment c'était le cas, un grand danger nous guette : celui de l'oubli ou d'un plus grand déni de l'excès de nos activités polluantes. Et le jour où le soleil reprendra enfin une activité plus normale, plus virulente, si l'effet de serre a de ce fait encore augmenté, nous connaîtrons à coup sûr un nouveau réchauffement climatique de mémoire d'homme sans précédent. Si par contre l'actuel cycle solaire débutant se révélait être un cycle aussi actif que les précédents nous risquerions de retrouver dans quelques petites années de fortes canicules du même type que ce que nous avons connu en 2003. Je ne veux pas être spécialement alarmiste mais je voulais simplement vous prévenir de possibles lendemains qui nous guettent …

Préparez l’anisette et surtout les glaçons !!!

 

 

5)  Quelques liens


Voir mes relevés de l'intensité mensuelle et journalière des éjections de masse coronale du soleil
Cliquer ici

Les derniers clichés émis par la sonde SOHO
http://sohowww.nascom.nasa.gov/data/realtime-images.html

2010 - Météorologie de l'espace
http://fr.wikipedia.org/wiki/Météorologie_de_l'espace

2004 - Un site très complet sur la climatologie mais malheureusement pas assez persuadé
de la conséquences des gaz à effet de serre émis par l'homme

http://la.climatologie.free.fr/sommaire.htm

2008 - Un site qui à l'inverse place l'homme plus responsable que le soleil ...
http://terresacree.org/soleil.html

Quelques notions d'astronomie ...
Cliquer ici

 

 

RM -  Mai 2010